Clermont-Ferrand et son tramway sur pneus : un pari technologique mitigé

Entre deux volcans, passage obligé par la capitale régionale : Clermont-Ferrand. Dans la cité de Michelin, le tramway roule, évidemment, sur pneus.

Les rames de technologie Translohr sont équipées d’un pantographe et guidées par un rail central incrusté dans la chaussée.

Si le concept a échappé au statut de catastrophe industrielle – contrairement aux TVR de Nancy et de Caen – la situation n’en demeure pas moins délicate. Clermont, pionnière dans l’adoption de cette technologie, a en effet bénéficié d’un système plus robuste que le TVR, davantage assimilable à un (mauvais) trolleybus guidé qu’à un tramway sur pneus.

TVR sur la ligne T1 en Gare de Nancy (2015) – Crédit photo : Kevin B. sous CC BY-SA 4.0
 TVR sur ligne A du réseau de Caen (Boulevard Leroy en 2015) – Crédit photo : Florian Fèvre sous CC BY-SA 4.0

Le Translohr, tout comme le TVR, cumule en réalité les inconvénients du bus et du tramway, sans parvenir à tirer pleinement profit des avantages de l’un ou de l’autre.

Sur le plan technique, les contraintes sont proches de celles d’un tramway classique : infrastructure lourde (caténaires, rail central, chaussée renforcée pour éviter l’orniérage). Mais le système reprend aussi les limitations du bus : confort moindre, capacité réduite (équivalente à celle d’un bus biarticulé) sans bénéficier de sa flexibilité. Au final, le Translohr s’est révélé à peine moins coûteux qu’un tramway sur rails classique, pour un résultat bien moins pérenne.

Chaussée renforcée pour éviter l’orniérage avec rail central à Clermont

La technologie n’a d’ailleurs séduit qu’une poignée de villes, désormais dépendantes d’un fournisseur unique et d’une technologie non standard.

Du côté de l’exploitant et de l’autorité organisatrice, les inquiétudes grandissent quant à la pérennité du système, avec le risque d’une défaillance majeure avant la fin prévue de l’exploitation, en 2036. Contrairement à de grands réseaux comme la RATP (deux lignes Translohr à Paris), le réseau clermontois ne dispose pas des ressources nécessaires pour développer ses propres compétences techniques, et reste donc fortement dépendant du constructeur pour la maintenance.

Face à ces difficultés, la création d’un « club des utilisateurs » du Translohr a été évoquée à plusieurs reprises, afin de favoriser les échanges techniques entre les sept réseaux concernés.

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